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Bonnes résolutions de parents : pourquoi ça ne sert à rien

Avant de devenir parent, on a tendance à regarder ceux qui le sont déjà avec dédain – surtout lorsqu’ils sont en situation de détresse – en se disant « Moi, jamais ! »…

Moije-moije

« Moi, jamais je laisserai mon bébé pleurer dans le TGV, elle peut pas donc le faire taire ? »

« Attends mais nous JAMAIS on ne laissera notre bébé dormir dans notre lit, c’est la FIN DU COUPLE, sérieux, c’est un coup à ce que tu dormes sur le canapé, puis que tu rentres plus le soir… Le début de la fin je te dis. »

« La tétine c’est pour les faibles… C’est comme ça qu’on crée des besoins inutiles et des addictions… Et après ton bébé devient un ado addict et un drogué. C’est comme ça qu’on gâche une vie. C’est pas compliqué, il suffit de ne JAMAIS la donner ! Moi, j’éviterai… »

Tout cela est prononcé bien sûr avec un air auto-suffisant de meuf qui a tout compris de la vie, même ce qu’elle n’a pas encore vécu.
Le problème, c’est que cette phrase est avérée : Dans la vie, quand on ne sait pas, on ne sait pas.

Babynoute a un mois et demi, et j’ai déjà failli à toutes mes résolutions de petite écervelée. Je n’avais pas pris en compte certains paramètres… Le plus puissant de ceux-ci, duquel découlent tous les suivants étant : un bébé ça pleure…

Et pas que quand ça a faim…
Un bébé pleure aussi quand il a froid, chaud, envie d’être rassuré, besoin d’amour, un peu le blues du bébé le soir, envie qu’on lui change sa couche chargée, besoin de faire ses besoins et ça ne passe pas dans ses petits intestins (triste réalité du bébé), ou ça passe trop vite, ou encore quand il grandit trop vite ou a mal au petit doigt de pied (à son tout petit mini doigt de pied trop mignon, oui oui oui, mais ça personne ne le saura jamais).
Et quand le bébé pleure et qu’on ne trouve pas la solution, il fait mal à la tête.
Quand on a mal à la tête, on se sent minable.
On est minable avec un bébé pas bien dans les bras et on ne trouve pas de solution.

C’est la pire situation qu’il soit pour un jeune parent, qui se sent démuni et NUL.

Alors OUI j’avoue :

En pleine nuit j’ai pris Babynoute qui pleurait dans les bras. Elle était tellement bien et j’étais si épuisée que je suis retournée au lit en position assise avec elle sur le ventre, dans le but de me lever 10 minutes plus tard et la coucher dans son petit couffin.
Grave erreur ; en tant que jeune parent on peut s’endormir dans n’importe quelle position, même avec un petit bébé tout chaud sur le ventre (ça fait bouillote). On se réveille le lendemain avec un bébé dans le lit et on se rend compte que c’était agréable.
J’ai fait l’erreur de la mettre à côté de mon mec et trouver ça mignon.
Cela s’appelle du CODODO. Des bébés sont morts étouffés dans le sommeil de leurs parents ainsi (mais nous on a fait des risettes à Babynoute qui était trop adooorable).
J’avoue qu’il y a eu quelques nuits comme ça, le besoin de sommeil étant plus fort que TOUT.

Une autre fois une dame du PMI m’a expliqué que les bébés avaient le besoin de succion et m’a parlé de la tétine, comme s’il s’agissait d’un truc secret. J’ai compris que la tétine pour Babynoute, ça pouvait être comme une Nicorette pour un fumeur en crise de manque. L’Américain est allé à la pharmacie et il a rapporté deux tétines. A la crise inexplicable suivante, on a testé.
Elle s’est tue et avait l’air heureuse.
Il ne nous en a pas fallu plus pour adopter cet objet du diable.
(Et il paraît qu’on peut stopper l’addiction avant les 3 mois… Ce que je crois que nous allons faire, comme je croyais beaucoup de choses).

Puis finalement il y avait le :
« Je me laisserai jamais aller comme toutes ces femmes qui oublient de se coiffer, qui portent des leggings et des Uggs parce qu’elles ont un bébé… Ces femmes qui oublient de s’occuper d’elles et qui négligent leur carrière professionnelle. »

Durant le premier mois et demi, j’ai pu parfois me doucher à la fin de la journée et parfois non, et OUI j’ai trainé en leggings toute la journée, avec Babynoute au bras. Parfois je me suis pas coiffée, parfois je ne me suis pas regardée dans le miroir pour checker ma tête de la journée… Mes pulls ont commencé à avoir des taches de régurgitations (ce mot me dégoûte tellement) de Babynoute. Mes cernes se sont creusés, mes ongles n’étaient plus vernis. Je n’ai pris des nouvelles du travail que très rarement, puis ma boite mail pro a disparu de mon Iphone a cause de jenesaisplusquelupdateàlacon et j’ai omis de la réinstaller. J’ai senti que je glissais vers la désociabilisation.
Puis j’ai admis que j’étais juste dans une bulle, et que j’avais un projet plus important à mener que n’importe quel chantier du travail pour le moment.

Le jour où j’ai refait surface, je suis allée chez le coiffeur, j’ai trouvé que j’étais pas si mal. J’ai pensé à Babynoute et à notre petite famille, ça me faisait chaud au cœur.
J’ai réalisé qu’elle était plus importante pour moi que ma petite personne, j’ai souri.
J’ai décidé de m’acheter un rougeà lèvres, et surtout que j’étais une bonne mère pour le moment.

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Jeunes parents, ne culpabilisez pas, on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a dans la vie. Et essayer c’est un pas vers la réussite !

Non parents, ne jugez pas, et si vous voyez un bébé qui hurle dans le bus, tendez-lui une tétine (le geste qui sauve).

 

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