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Le coming-out de la fessée ! (Help j’ai « tapé » mon enfant)

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Il y a quelques jours, il m’est arrivé une expérience traumatisante… Je me suis dit que c’était le genre de chose que l’on gardait pour soi, tellement on avait honte quand ça arrive. En aucun cas je ne devrais partager ce secret honteux avec quiconque. Puis, je me suis dit que finalement, ça ferait du bien à tout le monde que je fasse mon coming-out.

Il y a deux jours, j’ai donné une tape (je n’ose pas écrire le mot « fessée ») à mon enfant.

Voici les circonstances dans lesquelles c’est arrivé votre Honneur.

J’étais en train de vivre une journée vraiment pourrie, vous savez le genre de journée, où, lorsque vous ouvrez les yeux, vous avez envie de vous rendormir. Une de ces journées où la fatigue a raison de vous, où la moindre petite remarque pourrait vous faire venir les larmes (non, je ne suis pas enceinte, je précise).
Ce jour-là, bien sûr, j’ai dû courir partout et aller à des rendez-vous, ce jour-là, bien sûr, j’avais hâte qu’il se termine.
Lorsque je vais chercher ma fille à la crèche, j’étais impatiente de la retrouver, comme chaque soir. Mais ce soir-là, rien ne s’est bien sûr passé comme prévu. Elle était fatiguée aussi et les frictions ont commencé dès que je l’ai récupérée. Elle disait NON à tout, s’est roulée par terre à plusieurs reprises, n’a pas voulu me suivre dans la rue (son nouveau jeu : me regarder en rigolant et courir dans le sens opposé – hyper dangereux et fatigant pour moi).
Comme pour ces jours où rien ne va, je me suis retrouvée à porter les courses, Babynoute et sa trottinette pour rentrer, parce qu’elle a refusé de marcher toute seule.
Bref, lorsqu’elle m’a demandé un petit Trotro, j’ai lâchement accepté alors que j’avais réussi à lui faire éviter les écrans pendant deux semaines. C’est vous dire mon niveau de lassitude.
J’étais tellement fatiguée que j’aurais été capable de lui faire manger du Macdo.
Ca va, je déconne :D

Lorsque j’ai éteint la télé, alors qu’on avait un deal (« quand je dis stop c’est stop, tu iras prendre ton bain »), elle s’est répandue sur le canapé en chouinant « Méchaaaaaan mamaaaaaaaaan, je veux Trotro, je veux mon papaaaaaaaaaa !! »
Donc suivant les préceptes de la bienveillance, j’ai essayé de rester cool « Je comprends que tu veuilles encore Trotro, c’est énervant, mais c’est l’heure du bain, tu veux prendre ton bain avec quels jouets ?? » (empathie / reformulation / question ouverte et positive / gnagnagna)

C’est à ce moment qu’elle est entrée dans une espèce de furie et m’a tapée « NON NON NON Méchaaaan ».

Et moi, par réflexe total (geste pas du tout réfléchi), oublianannynt les préconisations des livres de parentalité, tous ces articles que je lis avec attention et Super Nanny,
je l’ai tapée aussi !
Une seule tape mais un peu plus forte que si j’avais réfléchi !
En criant « Mais y’en a maaaaaaaAAAArre » (pétage de plombs du parent)
Genre une….

mot fessé

Elle m’a regardée stupéfaite et a pleuré à chaudes larmes.
J’ai été instantanément super mal… J’ai attendu pour voir si la brigade des mineurs venait frapper à ma porte, pour voir si une assistante sociale m’appelait pour me dire que j’étais une mauvaise mère…
Mais rien n’est arrivé, j’avais juste ma petite fille qui me pleurait dans les bras. J’ai repris esprits et mes techniques bienveillantes et je lui ai expliqué que je m’étais énervée trop fort, que je n’aurais pas dû la taper, qu’elle non plus ne devait pas taper, que j’étais désolée.

Bien sûr, j’ai culpabilisé toute la soirée (qui a été très calme et posée pour nous deux du coup) et j’ai repensé à ce geste, au moment où il est parti tout seul, à combien un enfant c’est fragile, à des moments où mes propres parents on pu s’énerver aussi quand j’étais petite (le peu de fois où c’est arrivé, je m’en souviens très bien, comme cette fois où mon père, si calme et gentil, n’en pouvant plus de mes caprices, m’avait envoyée dans ma chambre et que je me suis fait mal contre le coffre, et qu’il était tellement mal le lendemain, qu’il m’a appelée du travail pour s’excuser).  Bref, ça a remué plein de choses et surtout, j’ai réalisé que c’était possible de franchir la barrière quand on est fatigué, énervé, au bout du rouleau.

J’ai vraiment culpabilisé longtemps et je n’ai pas aimé ce moment… Je ne suis pas fière…
Mais je voulais juste vous dire, si vous êtes d’accord, que ça peut arriver.

Il faut, selon moi, s’interroger sur le geste, voir où ça a pu déraper pour soi-même, et expliquer à son enfant qu’on n’aurait pas dû.

paragraphe

Qu’en pensez-vous ? Est-ce mal ? Vit-on dans une société trop culpabilisante pour les parents ? Ça vous est arrivé ? Comment vous êtes-vous senti(e) ? Témoignages et conseils sont les bienvenus ;)

Quand on aime, on partage !

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