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Parc vs bar : traité de sociologie à l’usage des parents

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Loin de moi l’idée de faire un article doublon de celui de notre chère Maman Louve sur les Mamans au parc, véritable bijou de sociologie. Cet article a pour objectif de compléter cet article en vous montrant pourquoi même si on est parents et qu’on n’a plus – trop – le temps de sortir, dans les bars le parc c’est pareil (sans Martini).

Parc Vs bar : la première fois, un peu stressant

Souvenez-vous de la première fois que vous êtes rentré(e) dans un bar en tant qu’adulte, le soir. Vous aviez quoi… 15 ans ? Votre petit coeur battait un peu plus fort que d’habitude, un mélange d’excitation et d’appréhension… Est-ce que ça se voit que je suis pas majeur(e) ? Est-ce que je vais vraiment pouvoir commander une Despe ? Comment ça marche ? Il faut commander au bar ou le serveur va t-il venir me demander ce que je veux ?  Est-ce que je vais chanter au karaoké avec mes copines (oui oui, moi mes premiers bars c’était des bowlings et des karaoké du 91).
Et bien là, c’est pareil… La première fois que j’ai poussé la grille du parc, je sentais que Babynoute et moi étions prêtes. Mais n’était-ce pas trop tôt ? Et si ça se voyait que c’était notre première fois ? Et si nous n’étions pas à l’aise ? Et si ça ne plaisait pas à Babynoute ??

Parc Vs bar : le clan des habitués

On comprend vite que le parc est réellement le subsitut du bar pour les parents les samedis en fin d’après-midi. Certains ont leurs habitudes, leurs bancs, on voit bien qu’ils se connaissent depuis un moment, ce sont les cadors du quartier. Ils surveillent leurs enfants du coin de l’oeil, mais ils sont surtout là pour deviser de la vie de quartier, des travaux, du maire, des écoles… Car après tout, n’est-ce pas leur point commun ? Vivre dans le même quartier….
On les sent très à l’aise, comme ces gens plus cools que nous au lycée, ceux qui étaient une classe ou deux au dessus et squattaient le baby-foot du bar du lycée, appelaient le barman par son prénom et jouaient au tarot (et oui, je suis une ado des années 90, sorry).

Parc Vs bar :  les piliers de bar / les nounous

Tout comme au bar il y a un banc de piliers, présents jour et nuit, qui ne relèvent même pas la tête quand vous entrez, il y au parc un banc (un vrai), de nounous, qui se parlent sans se regarder dans les yeux (elles doivent checker les enfants en même temps tout comme les piliers fixent la ligne d’horizon des bouteilles).
Ce sont des dures à cuire, des bikeuses de bac à sable. Elles savent que rien n’est grave (enfant qui tombe du toboggan, bébé qui mange du sable par ex).
N’essayez pas de les approcher, vous ne faites pas partie de leur clan.

Parc Vs bar : les premiers émois

Ah ! La découverte de Babynoute du toboggan pour bébé, la petite balançoire montée sur ressorts, tous ces enfants qui courent partout, jouant à la balle, la morve désinvolte au nez ! Que d’excitation ! Excitation similaire  au premier Malibu (n’oubliez pas que je suis des années 90), la première drague, la première danse sur la table).

Parc Vs bar : l’addiction

Attention toutefois à ne pas aller tous les jours au parc / bar. Les risques d’addiction sont importants. L’autre jour, nous passions devant le parc avec Babynoute et nous nous sommes dits que nous n’allions pas nous arrêter. Babynoute a hurlé, interrompant notre conversation, et nous montrant le square et l’aire de jeux avec véhémence. Elle voulait sa dose de parc, elle était accro.

Parc Vs bar : la personne qui pète un câble

Dans cette ambiance bonne enfant, il y a toujours un risque de dérapage. Un mec qui a trop bu et se fout torse nu, un autre qui arrose tout le monde avec sa bière, une fille qui se met à hurler qu’on est tous des connards…
Au parc, il y a quelques jours, je vis une femme au regard complètement dilaté, qui marchait de travers et trébuchait. « Elle est soûle ou quoi ? » pensai-je. Elle hurlait des mots incompréhensibles et n’arrivait pas à articuler. « Attention, elle est chelou elle ! » dis-je à l’Américain. C’est en l’observant qu’on a compris : « Adaaaaaaaaaam, Adaaaaaaaaam, mon bébé, j’ai perdu mon bébééééééé, au secours, aidez-moiiiii ! » Quelle horreur, cette femme avait perdu son enfant… Le cauchemar de tout parent. Heureusement, une chaîne humaine s’est créée pour la prendre en charge, la réconforter, chercher son enfant tout comme on prendrait en charge quelqu’un qui fait un coma éthylique, et puis au bout de quelques secondes interminables, de l’autre bout du parc on entendit : « Il est làààààà ! », et tout rentra dans l’ordre.
Je repense parfois à cette scène quand je suis fatiguée et que je vois tout en noir, et j’en ai des frissons d’horreur (comme j’ai pu repensé à cette soirée à la Flèche d’Or, quand je suis montée toute seule sur scène avec effroi).

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Voilà, n’ayez pas peur d’aller au parc, c’est bon pour la santé de votre enfant, à consommer sans modération. Et vous, vous allez au square ? Idée d’appli de parents bobos : recenser les meilleurs squares de Paris.

Texte écrit par Emilie Pernet, illustration de Florence Pernet

4 thoughts on “Parc vs bar : traité de sociologie à l’usage des parents

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